La semaine dernière, Huawei a dévoilé son tout nouveau Pura X, un smartphone pliable au format innovant avec un écran au ratio 16:10, une première dans l’industrie. Cependant, un détail crucial manquait lors de la présentation officielle : le processeur qui alimente ce modèle unique.
Comme beaucoup l’avaient deviné, il s’avère que le Huawei Pura X est équipé du processeur Kirin 9020, conçu en interne par Huawei. Cette information a été confirmée après les premières prises en main du téléphone par les médias.
Le Kirin 9020 : Une puce Huawei avec des limitations technologiques
Le Kirin 9020, qui a fait ses débuts en novembre dernier avec la série Mate 70, est gravé en 7 nm (N+2) par SMIC, le plus grand fondeur chinois. Toutefois, cette technologie reste encore en retard par rapport aux leaders du secteur comme TSMC et Samsung, qui produisent déjà des puces en 3 nm et bientôt en 2 nm.
Le Kirin 9020 repose sur une architecture octa-core avec :
- 1 cœur Taishan Big cadencé à 2,5 GHz
- 3 cœurs Taishan Mid à 2,15 GHz
- 4 cœurs Cortex-A510 à 1,53 GHz (issus d’Arm)

Une question se pose : comment Huawei a-t-il pu intégrer un cœur ARM alors que la marque est sous sanctions américaines depuis 2020 ?
La réponse est simple : le Cortex-A510 était en développement bien avant que Huawei ne soit ajouté à la liste des entités interdites par les États-Unis. Les autres cœurs (Big et Mid) ont été conçus en interne par HiSilicon, la division semi-conducteurs de Huawei, sous la marque Taishan.
Une puce graphique « maison » : Le Maleoon 920
Côté graphismes, Huawei a intégré son propre GPU, le Maleoon 920. Selon les premières évaluations :
- Le CPU rivaliserait avec les puces haut de gamme de Qualcomm
- Le GPU, en revanche, serait plus proche d’une puce milieu de gamme
Cela signifie que si le Pura X pourrait offrir des performances solides en calcul, il risque d’être moins performant dans les jeux et les tâches graphiques intensives.
Huawei prépare déjà l’après-sanction avec le Laser-Induced Discharge Plasma (LDP)
Si Huawei reste bloqué sur le 7 nm, l’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Des rapports en provenance de Dongguan indiquent que Huawei expérimente une nouvelle technologie pour fabriquer des puces plus avancées : le Laser-Induced Discharge Plasma (LDP).
Cette technique pourrait remplacer les machines de lithographie EUV, indispensables pour produire des puces en 3 nm et 2 nm, mais auxquelles Huawei n’a pas accès en raison des sanctions.
Le Pura X : Un smartphone pliable ambitieux, mais sous contraintes
Avec son format unique, son écran au ratio 16:10, et son propre processeur Kirin 9020, le Huawei Pura X marque une évolution majeure pour le constructeur chinois. Mais malgré cette prouesse, les limitations technologiques imposées par les sanctions américaines restent un obstacle.
La vraie question est : Huawei pourra-t-il rattraper son retard en matière de semi-conducteurs avant que la concurrence ne creuse l’écart encore plus ?